Virus Ebola : qu'est-ce que c'est ?
En bref
- Famille Filoviridae, genre Ebolavirus — virus à ARN simple brin négatif
- 6 espèces connues, dont 4 pathogènes pour l'humain
- Identifié pour la première fois en 1976 (RDC et Soudan)
- Zoonose : réservoir probable = chauves-souris frugivores (Pteropodidae)
- Transmission par contact direct avec fluides corporels infectés
- Taux de létalité : 25 à 90 % selon la souche et l'accès aux soins
- Code ICD-10 : A98.4
Définition et famille virale
Le virus Ebola appartient à la famille Filoviridae, genre Ebolavirus. Ce sont des virus à ARN simple brin à polarité négative, caractérisés par leur forme filamenteuse caractéristique en microscopie électronique — d'où le nom “filovirus” (du latin filum, fil). Le génome encode sept protéines structurales dont la glycoprotéine (GP) de surface, principale cible des vaccins et des anticorps neutralisants.
Ces virus sont des zoonoses : leur réservoir naturel est très probablement constitué de chauves-souris frugivores de la famille des Pteropodidae. L'humain est un hôte accidentel — la contamination initiale survient le plus souvent lors de contacts avec des animaux sauvages infectés (manipulation, consommation de viande de brousse) ou leurs habitats.
Histoire et découverte
Le virus Ebola a été identifié pour la première fois en 1976, lors de deux épidémies simultanées dans deux pays distincts :
- À Yambuku(Zaïre, aujourd'hui RDC), près de la rivière Ebola qui donna son nom au virus. 318 cas, 280 décès — taux de létalité 88 %.
- À Nzara (Soudan), avec 284 cas et 151 décès — une souche distincte, le virus Soudan (SUDV), fut isolée.
L'épidémie la plus meurtrière de l'histoire reste celle de 2014–2016 en Afrique de l'Ouest(Guinée, Sierra Leone, Liberia) : 28 616 cas confirmés, 11 310 décès. Elle démontra la capacité du virus à provoquer une crise sanitaire mondiale en l'absence de riposte coordonnée précoce. L'OMS déclara une USPPI en août 2014.
Espèces virales
Six espèces d'ebolavirus sont actuellement reconnues par le Comité international de taxonomie des virus (ICTV) :
| Espèce | Abréviation | Létalité | Zone | Pathogène humain |
|---|---|---|---|---|
| Zaire ebolavirus | EBOV | 60–90 % | Afrique centrale | Oui — épidémies majeures |
| Sudan ebolavirus | SUDV | 40–60 % | Afrique centrale/Est | Oui |
| Bundibugyo ebolavirus | BDBV | 25–50 % | Ouganda, RDC | Oui — épidémie Ituri 2026 |
| Taï Forest ebolavirus | TAFV | Rare | Côte d'Ivoire | 1 cas documenté (1994) |
| Reston ebolavirus | RESTV | 0 % | Philippines, Chine | Non (primates seulement) |
| Bombali ebolavirus | BOMV | Inconnu | Sierra Leone | Non documenté |
L'épidémie en cours (RDC 2026, province de l'Ituri) est causée par Bundibugyo ebolavirus (BDBV)— espèce pour laquelle aucun vaccin ni traitement antiviral spécifique n'est disponible. USPPI déclarée le 17 mai 2026.
Réservoir animal et spillover
Malgré des décennies de recherche, le réservoir naturel du virus Ebola n'a pas été formellement identifié. Les données épidémiologiques et sérologiques désignent les chauves-souris frugivores (Hypsignathus monstrosus, Epomops franqueti, Myonycteris torquata) comme réservoir le plus probable. La transmission à l'humain (spillover) se produit probablement par contact direct avec des animaux infectés (chauves-souris, singes, antilopes forestières) lors de leur manipulation ou consommation.
Situation en 2026
L'épidémie déclarée en mai 2026 dans la province de l'Ituri (RDC) est causée par la souche Bundibugyo ebolavirus (BDBV)— la 17e épidémie en RDC depuis 1976. Foyer d'origine : zone de santé de Mongbwalu (~90 km de Bunia). L'OMS estime que le virus circulait depuis début 2026 avant sa détection officielle.
Une USPPI a été déclarée le 17 mai 2026. La riposte ne dispose d'aucun vaccin ni traitement antiviral spécifique pour cette souche : ni Ervebo (anti-EBOV), ni mAb114, ni REGN-EB3 ne sont efficaces contre BDBV. ~600 cas probables et 139 décès étaient dénombrés au 20 mai 2026. Seule la RDC est touchée.